Hourtin, une gestion a... contre-courant.

Rédigé le 24-11-2009 à 10:03 par rpc admin

"Cet excellent week-end de finale du Défi Predators, ainsi que les longues conversations passionnées avec Christian Renard, m'ont donnée envie de lui rendre hommage car sont travail brillant et son investissement me semble vraiment intéressant...", Manu Norena.

 



Au centre, Christian Renard.



« Vive le Médoc libre (et indépendant) !!! »

M’inspirant humblement de la célèbre phrase du Général De Gaulle prononcée le 24 juillet 1967 à Montréal, voici le slogan qu’auraient mérité entendre les officiels de la FD de Gironde présents ce dimanche 22 novembre 2009, jour de la finale du premier défi Predators à Hourtin !

Je crois aujourd’hui aux choix stratégiques et intelligents portés par un homme dont le charisme est aussi lumineux et profond que son regard… Je veux bien sur parler de M. Christian Renard Président de l’AAPPMA du Sandre Hourtinais. Le talent des grands hommes est bien sur de savoir s’entourer de gens brillants… Et certains de ses acolytes lui emboitent le pas dignement.

Avant d’expliquer pourquoi je suis aujourd’hui désireux de faire la lumière sur ces hommes et sur cette gestion, je voudrai apporter une précision… Je suis le premier surpris de l’éloge que je porte aujourd’hui. En effet, je n’oublie pas mes remarques visant à caricaturer le Médoc. Cette terre sauvage aux regards de la ruralité de ses paysages et habitants semblant vivre en autarcie d’un monde urbain et aseptisés. Ce caractère insulaire m’a longtemps fait sourire car à l’inverse des corses où des bretons les lignes de leurs pays s’opposent à l’image dont ils sont soucieux. Ils vivent sur une presqu’île… à l’envers !!!!(Je vous invite à regarder une carte IGN). Pourtant ceux-ci portent aujourd’hui des réussites dont les instances halieutiques officielles sont bien loin.

Si vous voulez pêcher à Hourtin, votre simple permis ne suffira pas, même enrichie d’une taxe halieutique. Ici pas de réciprocité !!! Il vous faudra débourser la somme de 15 €. Voila la clef de voute d’un système intelligent et nécessaire à la gestion d’une partie du plus grand lac Français.

La première chose à comprendre est la qualité et la richesse du lac de Carcans Hourtin. L’immensité de l’espace, l’absence d’activités économiques polluantes, les franges marécageuses et humides de ce Panthéon de la pêche sont le préalable à un milieu aquatique riche. Ainsi chaque année de magnifiques becs de plus d’un mètre sont pris. D’immenses constellations de perches apparaissent comme par magie sur les écrans des sondeurs, image garante de quelques quarts d’heures frénétiques.

Mais cette richesse n’est pas que le fruit d’une nature généreuse. La moitié nord de ce lac doit son opulence aux moyens et actions de l’AAPPMA d’Hourtin. Quel intérêt aurait Christian Renard à mettre les milliers d’hectares qu’il gère en réciprocité totale. Quels moyens financiers, quel liberté de ton cela lui apporterait-il ?

Financièrement tout d’abord… L’APPMA compte aujourd’hui plus de 1800 membres. Je vous invite à multiplier cela par le prix de la carte. La FD en retour d’une réciprocité accorde des subventions… ce qui parait être le moins que l’on puisse faire ! Sauf que le mode de calcul de cette subvention est attaché à la superficie gérée par l’AAPPMA et plafonné à 40 ha !!!! M. Renard gère plus de 3000ha… il a tout à perdre… assurément !!! La vision d’une pêche pour tous à coût quasi nul me parait aujourd’hui très utopique. Dans le cas de Hourtin, la fédération avec les autres AAPPMA ne semble pas indiquée. Comme pour les collectivités territoriales (communes…) les petites entités ont tout à gagner à se réunir et fédérer leurs moyens. Dans le cas d’Hourtin je lui conseil vivement l’indépendance au regard de ce que lui rapporte sa dîme. De plus sa liberté de ton est ainsi assuré et véritablement efficace.

En effet, la politique de Monsieur Renard est excellente… Certes il alevine comme les autres… il a raison !! Même si les zones de frayères des brochets, bass, perches et sandres sont suffisantes pour assurer la richesse naturelle du lac. Néanmoins ici aussi il y a des viandards. Or l’alevinage sert ainsi à compenser les comportements indélicats au regard du prestigieux cheptel de ce havre d’opulence. Et ça c’est une vision des choses intelligente… c’est d’autant plus brillant que le coût modeste du mode de financement (baissé de 2 euros l’année dernière pour compenser la hausse du prix du permis !!!!) pour limiter la casse est finalement très modique et ne rebute en rien les adhérents… bien au contraire !!! Pendant que quantité de pêcheurs diminue partout en France, depuis plusieurs années le nombre d’adhérents de l’AAPPMA du Sandre Hourtinais augmente de plusieurs centaines de membre chaque année, avec une accélération constatée depuis le Predators Game !!

Je vous disais que M. Renard et toute son équipe étaient lumineux et clairvoyants. Néanmoins ceux-ci ne s’arrêtent pas là… Ils ont compris que la richesse venait de la diversité… ils ont compris que le brochet est une espèce qui naturellement s’en sort bien grâce à sa fraie précoce. Mais que le mythe du gros brochet et les modes de captures ancestrales aux vifs leurs font du mal. Ils savent que le bass est le poisson sportif par excellence que ce soit du bord ou en bateau, mais qu’il est fragilisé par sa fraie tardive, et son mode de protection des nids… Cet éclatant regard se voit aujourd’hui enrichie d’une nouvelle initiative risquée mais brillante. En 2010 il n’y aura plus de lâcher de truites de bassine à Hourtin. Ce courage halieutique verra assurément une partie des adhérents amputer les moyens financiers de l’AAPPMA. Mais le calcul de M. Renard est simple. Les 4000€ que lui coute ce lâcher seront réinvestis bien plus intelligemment puisque cette somme correspond au coût de 200kg de jack de 30 à 40cm.

Ainsi je voudrai conclure en rappelant mon attachement à la priorité de la gestion du milieu face à la gestion piscicole par lâchers. Les enjeux de demain à Hourtin sont clairs, poursuivre la protection des zones humides et de la qualité de l’eau… nous pouvons compter sur le caractère médocain pour cela. Continuer les initiatives portant sur la variété des espèces pour les milieux et pour le plus grand bonheur des pêcheurs. Enfin, s’attaquer à la sensibilisation des pratiquants au regard du no kill. Et en cela Hourtin est à nouveau sur le pont avec pas moins de 3 dates en 1 année du Défi Predators et du Predators Game. C’est sa manière de porter haut les nouvelles pratiques soucieuses du poisson.

Ainsi je voudrai sincèrement remercier Christian Renard pour son travail, mais également pour son dévouement et sa gentillesse.

 


 
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