B-a-BA ba-be-bi

Rédigé le 14-12-2009 à 11:09 par rpc admin
B-a-BA ba-be-bi

Voici un article proposé par un fidèle de PFC. Genre d'article tout simple, qui, s'il peut bien sûr être discuté sur certains points, n'en demeure pas moins d'une évidence indéniable.

STOP ! Mr V

Nous allons vous présenter Mr Viandard...Pour des raisons évidentes de sécurité, il a voulu garder l'anonymat ; nous l'appèlerons Mr V..Avant de répondre à nos questions, il a tenu gentiment à poser pour nous dans un décor qui lui semble bien naturel. Regardez comme il est beau ! (le décor...euh..non....Mr V....enfin l'ensemble quoi !)


RENCONTRE

Prédators : Bonjour Mr V, c'est très gentil de nous accorder cet interview ; merci. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Mr V : Pour sûr ouais ! Je m'appelle Vian...euh... Mr V, j'ai quarante ans et bracon...(ah mer...!) pêche depuis trente ans. Vers dix ans, je tendais mes premières cordes (cordelettes munies de bas de ligne et d'hameçons), passais mes premiers filets, posais mes premiers engins, et, à l'occasion, je posais des collets...
Prédators : Oui, oui...euh ? ! ...Bref...Pouvez-vous donner quelques conseils ?
Mr V : Surtout, faut ben laisser avaler l'appât (je suis anti- leurres). C'est pas gênant car je pêche en Total Kill (contraire de No Kill, forcément...). Donc avec une bonne grosse pince, les triples et les tripes, et ben, çà viens tout seul ! Quand le poisson est au bord, j'embroche avec ma gaffe ou ben je mets les doigts dans les yeux, çà les calme tout de suite...
Prédators : ? ! ? !...on va arrêter...
Mr V : Pas fini ! Au r'tour, j'accroche mes prises à mon crochet de garage ou ben à une pointe de 140...et puis...vive la nature...l'authentique !...
Prédators : Stop Mr V ! Vous n'êtes pas un pêcheur, même si en achetant une carte, vous , êtes recensé comme tel...Stop ! Nous, on aime le poisson VIVANT !....

 


Bien sûr, l'interview est bidon, et Mr V un clown grotesque et ...dangereux...Oui mais...des Mr V, malheureusement, il en existe beaucoup...Regardez bien autour de vous ! « Les doigts dans les yeux, la pointe de 140, le crochet, le harpon (je veux dire la gaffe)... » est une triste réalité INDIGNE de la Pêche. Monsieur Brel pourrais chanter à propos : « Chez ces gens là Monsieur, on ne relâche pas Monsieur...non, on ne relâche pas.... on TUE Monsieur... Et puis, et puis il y a Frida qu'est belle comme un soleil, qui m'aime pareil que moi j'aime Frida...et qui relâche tous ses poissons... » Désolé, délire/déformation artistique....N'empêche, qu'encore plus de femmes à la pêche (çà semble bien parti), ferait le plus grand bien : un peu de douceur dans un monde de brutes...

Bon, tout en étant aux antipodes de Mr V, je pense qu'il est possible d'aller beaucoup plus loin dans le respect de nos poissons. Des gestes tout simples, faciles à mettre en oeuvre, peuvent améliorer largement le bien-être de nos chères créatures halieutiques...


• Dans le cas d'une pratique du bord ; évitez tout bêtement de pêcher en contrebas....sinon, comment ferez-vous pour saisir le poisson ? Vous le hisserez dans le vide (ou pire ; contre les ronces) au risque de casser ? Et pour le remettre ? Je sais, cela peut paraître bête, mais, parfois il vaut mieux laisser un bon poste de côté et ainsi, ne pas risquer la vie d'une prise.

• Eterniser le combat ne sert à rien et fatigue dangereusement le poisson. De plus, il est inconscient de prendre des risques au niveau des montages. Par exemple, au bout d'une tresse qui est vite fragilisée lors des frottements à répétition, l'adjonction d'un fluoro 60 centièmes de 50 cm (avec un noeud de chirurgien par exemple) n'est pas un luxe. Au bout, on peut fixer l'agrafe grâce à un sleeve serré « proprement ». A l'extrémité du fluoro, côté sleeve, on aura pris soin – une fois le sleeve et l'agrafe enfilés, et avant serrage – de brûler le bout à l'aide d'un briquet afin de former un « champignon » qui servira d'arrêt en cas de glissement du fluoro dans le sleeve....Là au moins, c'est du solide ! Si on ne fait rien de tout çà, dans le cas, par exemple, du lancer léger, il faudra couper fréquemment les 50 derniers cm et refaire des noeuds corrects... 

• Le leurre qui est fixé au bout de ce montage fiable, n'est pas obligé d'être meurtrier. En effet ; dans le cas d'une cuiller, leurre attaqué le plus souvent de manière franche, pourquoi ne pas ôter deux branches au triple et/ou écraser le ou les ardillons ? Cela éviterait de clouer la gueule à bien des brochetons ! De plus, ce dernier a tendance, lorsqu'il est mal piqué, a évacuer l'intrus par les ouïes...alors un triple...Pour les poissons nageurs, un double pourrait être suffisant. Pour les autres pêches ou il faut finasser – L.S., mort-manié etc... - ; gardons les triples mais écrasons les ardillons.
 A ce propos, je lance un appel aux fabricants ; « étudiez encore plus le côté NO KILL de vos leurres, il faut qu'il prennent, oui, mais sans massacrer ! »

• Bon ! Le poisson est accessible, le montage -sérieux- (c'est une question de responsabilité) ayant tenu, de plus, il n'a pas la gueule déchirée, il faut le saisir, le décrocher, et, éventuellement, le photographier (l'appareil photo étant ma gaffe préférée). Et bien ! Les pinces à poisson (fish-gripp) ne sont pas faites pour les chiens ! Votre pince devra être tournante, cette particularité est très importante. En effet, j'ai déjà vu un brochet tourner trois fois de suite sur lui même alors que je venais de le saisir avec ma pince... S'il n'avait pas eu cette liberté, il aurait pu tout simplement se briser le dos... Les mâchoires doivent être arrondies, au cas échéant, de la gaine thermo-rétractable ou des sortes de tampons en caoutchouc arrangeront l'affaire. Maintenu ainsi, il est facile de le décrocher dans l'eau (le top), d'autant plus que la pince (à décrocher) sera à portée de main (attention ; votre poisson ne doit jamais pendre de tout son poids au bout de cette pince, s'il est hors de l'eau il doit être maintenu !). Si on le désire, on peut aisément le photographier. Ce qu'il faut surtout éviter ; c'est de le manipuler avec des mains sèches. En effet, la bête sort de l'élément liquide ! Si si ! Les mains seiches vont lui ôter une partie de son mucus et quelques écailles, ce sera la porte ouverte à toutes sortes de champignons et autres maladies. Donc de grâce, trempez vous les mains impérativement.


• Remettons notre ami dans son élément, moins il en sera hors, mieux ce sera. Déposez-le délicatement, faites lui faire quelques mouvements translatifs (mais doucement, il n'a pas forcément envie de danser !), et laissez-le partir lorsqu'il le demande, voilà.

Evidement , tout ce que je dis coule de source, pas de quoi en faire un article...et pourtant ! Je ne constate pas toutes ces précautions chez tous les pêcheurs, y compris dans certaines vidéos qui sont parfois loin du compte. Moi-même, je l'avoue, je n'ai pas toujours été un bon manipulateur de poissons, mais j'essaie en permanence de m'améliorer, nous pouvons tous faire mieux ! Toutes les règles que j'ai énumérées ci-dessus ne sont cependant pas dures à mettre en oeuvre, et sont immédiatement payantes. Nous sommes des pêcheurs responsables, oui ou non ? La nature nous rendra ce qu'on lui offre, il ne faut pas... se leurrer !

Etendons le rêve, à quand les chasseurs pratiquant le NO KILL , les cartouches étant remplacées par des fléchettes hypodermiques ? Quelques photos, et l'animal rejoint les profondeurs de sa forêt....

 


 
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