Marsibass (Defi Bass Predators)
Elle n’a pas gagné par hasard son surnom « d’El Classico », cette compétition 100% bass de Marsillargue (34), la plus ancienne compétition française et qui fêtera ses dix ans en 2010 (!). Organisation parfaite, ambiance délirante, cheptel rare… Jean-Jacques Daumas et son équipe peuvent être de leur travail et la commune de son APPMA !
Sauf que la pêche est de plus en plus difficile ! Inutile de se le cacher : les prélèvements exagérés dont font l’objet les bass ruinent peu à peu cette perle rare qu’est le Vidourle, et nous souhaitons vivement que les deux Fédé qui se partagent la rivière sachent enfin mieux travailler ensemble, car quand on prend une carte de pêche, ce n’est pas pour le prestige d’un département ou d’un autre, mais pour
Heureusement que les compétiteurs du Défi sont d’un niveau technique exceptionnel, le meilleur français sans doute (excepté au plomb palette, ok). Et cela s’est encore vérifié ce week-end du 5 et 6 septembre, même si tandis que Numa prit un an d’autres prirent malheureusement un magnifique capot, à l’instar de l’équipe Molix de Martino / Segura, habituellement leader, pour ne pas dire écoeurante de régularité sur la première marche du podium… C’est dire comme cette édition fut différente et… éprouvante !
A tel point que le règlement du Défi Bass Predators provoqua une réelle stupeur lors de la remise des prix… Certaines équipes, dont l’équipe Garbolino / Delalande de Jauffret / Marron, se voyaient légitiment sur le podium ; il n’en fut rien. De l’avis de tous parmi les vainqueurs moraux de l’épreuve, ils sont doublés par deux équipes accusant un capot le deuxième jour ! Et tandis que la première marche du podium ne fait aucun doute avec une équipe Pêche d’Enfer qui a littéralement survolée la compétition, une interrogation légitime plane sur le reste du classement. Pourtant…
Pourtant ce podium est selon Predators le vrai podium légitime de ce Marsibass… En effet, quand un organisateur de compétition écrit un règlement, il fait bien davantage que de donner la règle du jeu à un concours de pêche, il propose un peu un modèle de société. Ainsi, si on pose la problématique du mode de comptabilisation du Marsibass comme il se doit, on obtient ceci : jusqu’au doigt-on enfoncer les équipes les plus faibles, celles en difficulté sur une manche, pour garantir leur avance aux équipes les plus performantes ? En d’autre terme : la répartition des chances, dans une petite société comme une compétition de pêche aux leurres, doit-elle se faire à l’avantage de ceux qui ont pris de l’avance ou de ceux qui ont du retard à rattraper ?
Quand sur un secteur où seulement deux équipes ont pris du poisson, et où donc techniquement toutes les équipes capot sont troisièmes (n’est-ce pas ?), faut-il se sentir soulager que chacun conserve ses chances ou ajouter l’insulte à l’injure ? Le Marsibass est très suivi, y compris par des jeunes qui y participent en compétiteurs ou en bénévoles, et qui observent, et s’imprègnent, des valeurs véhiculées par l’épreuve. Il serait alors difficile de ne pas se ranger du côté de Jean-Jacques Daumas et du Défi dans son formidable esprit de fraternité, quand ils adoptent une « loi » qui ne traite pas les troisièmes comme les derniers des derniers…
Le véritable problème n’est-il pas les populations de bass qui s’éteignent peu à peu ? Ces myriades de poissons de 28 ou 29cm qui ne fêteront pour la plupart jamais leur quatrième été ? Ces géniteurs pillés sur leurs nids ? Nous laissons à chacun le soin d’y méditer et d’y répondre dans son à part soi.
Mais comment ont-ils été pris ces bass ? C’est assez net : avec ces conditions de niveau d’eau très bas, ces eaux troubles et ce vent du Nord puissant, la pêche s’est avérée très compliquée ! Si bien qu’une technique a dominé la compétition : creature montée Texas, avec des animations minimalistes, voir franchement en dead sticking. Quand le vent cessait, les soft jerkbaits en weightless ont su convaincre, et quelques poissons se laissèrent tenter par un crankbait ou un finesse jerkbait. Mais dans l’ensemble, creatures de toutes sorte, dont hogs et craws, par leur portance dans l’eau, ont fait la différence.
Cette neuvième édition du Marsibass est l’occasion de remercier de manière très appuyée la participation du magasin Europêche 34, depuis des années, à l’alevinage en bass. Ce magasin verse en effet chaque année dorénavant un chèque de 400euros à l’APPMA pour soutenir les populations en black du Vidourle. 400euros de la part d’un simple magasin ! Un effort réel de la part de cette acteur lcal, et pourrait bien en faire réfléchir plus d’un ! Alors Predators se joint à tous les organisateurs du Défi Predators Sud, et à tous les compétiteurs et pêcheurs du Vidourle, pour remercier chaleureusement Europêche 34. Merci, merci. Merci !
Et pour le Marsibass dizième édition, on vous prépare un sacré week-end !

