L'article qui rassure

Rédigé le 17-11-2009 à 11:12 par rpc admin
L'article qui rassure

Voici un court article envoyé par un de nos lecteurs, Nicolas Templé, pour remettre les pendules à l'heure et peut-être quelques poissons à l'eau...

« ANTI-HERO » DE LA PECHE ?


Hum.... Oh !.... Jolies !.... Alors, vous avez vu les dernières couvertures de Prédators (et des autres revues aussi !), beaux poissons, hein ? C'est qui sur la photo ? C'est qui ? Pas vous .... « il tomberait de la neige ».... Allez, je vous fait un aveu, c'est pas moi non-plus ! Et pour tout vous dire, ces couvertures m'ont toujours fasciné mais, également complexé, surtout à mes débuts ! Pourtant, si on y réfléchi....


Le but de ces couvertures est pourtant simple et, très honorable ; donner envie, mettre en valeur la pêche et ses poissons. Les personnes qui y figurent n'y sont pas par hasard, elles ont souvent derrières elles un bon vécu halieutique ou, ont eu de bon conseils.... Sans compter celles qui ont tout simplement un talent inné, le sens de l'eau leur étant un sixième.... sens !

Pour en revenir à mon propos, si je suis actuellement admiratif devant ces belles photos, j'ai été parfois, comme je vous le confiais ci-dessus, souvent complexé : « quel blaireau, encore une douille ! » ou « je n'y arriverai jamais... » etc.... Quand je me suis mis aux leurres, çà n'a pas été triste !


Longtemps, pour seul conseil, j'ai eu mes revues.... C'est bien, mais, çà ne remplace pas toujours LE conseil sur le terrain (enfin, l'eau quoi !).... Avant de faire jackpot, j'ai lancé mes leurres avec application (du moins le croyais-je) ....des saisons entières... sans voir la queue d'un poisson ! Alors, le soir, pour me détendre un peu, je prenais parfois une revue, puis « arrgffff ! Malédiction !.... Encore un gros poisson ! Vite un exorciste ! ».... De quoi déprimer ! Puis, un jour, avec un copain ; le bon tuyau (ou plutôt le bon coin) au bon moment... Voilà... Dans une petite rivière du nord de l'Anjou, je lance, par dépit (Zzzzz) une Mepps, aglia n° 3, couleur cuivre que je ramène, Zzzz, que je ramène, Zzzz, que je... Wah ! Pu-- ! Loupé et c'était un gros, au moins 40 cm ! Le déclic avait eu lieu, et, 50m en aval ; il s'est concrétisé sous la forme d'un brochet de 40 cm justement. Non, pas de quoi en faire une couverture, mais, un brochet quand-même ! La semaine qui a suivi, je suis allé chez « Favry Pêche » à Angers et ai acheté pour au moins 200 francs de cuillères, oui, 200 francs ! J'ai pris des n°3, 4, 5, couleur cuivre, argent, or, noir etc.... Je suis retourné au même endroit, j'ai repris des brochets mais aussi des chevesnes, des perches... Pour jouer les explorateurs, j'ai continué dans une rivière plus grande, c'était alors moins évident, mais, avec de l'acharnement, j'ai vite rencontré d'autres brochets, d'autres perches... L'ivresse de la pêche était en route... A l'ouverture suivante, j'ai même innové en me mettant au mort-manié. En effet, les semaines précédentes, j'avais vu une VHS de Régis Gérard qui expliquait « ses montures » (dérivées des célèbres Drachko).... J'ai essayé, et la : bingo ; la magie a opéré à nouveau, les carnassiers se succédant sur mes montures (que J'avais fabriqué !). En plus, ceci a eu lieu sur une rivière découverte par hasard, repérée pendant la trêve (elle est même devenue ma chouchoute, une sorte de maitresse...).

Bon, je ne vais pas vous raconter toute ma vie, c'est juste pour démontrer que tout n'est pas toujours si simple, et, que si on s'accroche, le jeu en vaut la chandelle (de brochet... facile). Pour ceux qui ont du mal a démarrer ou qui rament (qui rament... trop facile) souvent, la suite est là pour vous encourager !


Pour commencer, il vous faut un peu de matériel. Si vous avez les moyens ; tant mieux ! Un bon vendeur saura vous conseiller sur les bons choix, à partir, bien-sûr, du moment où vous avez exprimé clairement ce que vous voulez, un peu de votre identité halieutique en quelque sorte. Si vous n'avez pas les moyens, ne vous prenez pas la tête ; faites avec ce que vous avez. De plus, çà vous forcera à réfléchir pour vous adapter et çà , c'est bien ! De toute façon, entretenez bien votre matériel, et, petit à petit, vous accumulerez un butin ! Commencez par des techniques simples, de celles qui sont simples à mettre en oeuvre et qui rapportent plus facilement des poissons, çà met en confiance, et la confiance : c'est ca-pi-tal !
Par exemple, le toc peut rapporter gros.... Une canne prévue à cet effet, de type anglaise (ou, une fois de plus : ce que vous avez !), un fluo 20 centièmes sur le moulin avec un brin de laine pour repérer la profondeur, un émerillon, un bas de ligne, et un hameçon de n°8 à 12.... puis... euh... des vers de terre bien-sûr ! Et c'est parti ! La ligne est présentée dans les remous, en fin de veines, et toc... une perche... et toc... un chevesne... Vous prendrez rapidement des poissons, les perches seront à coup sûr au rendez-vous, et, si ce ne sont pas elles, il y aura bien un cyprin dans les parages. C'est un excellent moyen pour lire l'eau, comprendre les veines (même pour un confirmé, çà aide à recaler les choses). En fin d'été ; le chevesne à la mûre... très fun ! Ici encore, c'est plus facile qu'on ne le pense, et, c'est instructif... Rien que le corp de ligne, un bas avec un hameçon n° 8 et une mûre dessus. Au ploc du fruit crevant la surface, les chevesnes (il y a souvent concurrence) se précipitent. A un tel point qu'en deux ou trois lancers c'est suffisant pour voire si nos amis sont là. Petit à petit, de poisson en poisson le plaisir (et c'est bien pour çà qu'on pêche) s'installe. La confiance étant, vous allez, tout naturellement essayer d'autres techniques (cuillère, pn etc...) , d'autres poissons. Ne brûlez cependant pas les étapes, progressez si-possible dans l'ordre : ne passez pas d'une technique « simple » à une plus « pointue ».



Surtout, ne faites pas comme moi à mes débuts... Etant novice, j'avais tendance, en lisant les revues à tout prendre au pied de la lettre... « il a dit çà... je faits exactement comme çà... ». Généralement, ces conseils ne sont pas mauvais et forme une base, mais, il est important d'avoir sa personnalité halieutique. Des conseils, une base, mais : SA personnalité halieutique, apprendre à réfléchir par soi-même, à sentir l'eau.

Au fait, une bredouille (de temps en temps, pas trop souvent quand-même !) n'est pas toujours une mauvaise chose, si si ! Non non, je ne suis pas fou ! La douille apporte l'humilité et force à réfléchir : « Pourquoi.... comment.... ».

Prenez des notes après chaque sortie (LE carnet), c'est très instructif. Puis surtout, vous allez voire ; votre courbe va aller en montant, j'en suis sûr, ce n'est pas possible autrement !

En fait, j'ai juste voulu démystifier le côté exploit de la pêche, montrer qu'il existe souvent des passages obligés, mais, qu'en s'accrochant, joie et plaisir seront fréquemment au rendez-vous. De toute façon, chaque sortie offre une symbiose avec dame nature. J'ai toujours aimé la pêche et elle ; elle me l'a toujours rendu, tôt ou tard. Chaque partie de pêche qui passe, chaque « petit » poisson pris nous dirige vers de belle prises, nous sommes tous des héros de la pêche ! Oui.
Au risque de me répéter : per-sé-vé-rez ! Cela en vaut très très franchement la peine !

 

 


 
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